Salam aleikoum everybody (Patrice).
Un grand bonjour à toutes et à tous, après une semaine de désert avec Yahya. Comme pour beaucoup d’entre vous, il m’a fallu plus d’une semaine pour retourner sur terre ..... Le second voyage ne ressemblait que très peu au premier mais les mille et une nuits passées avec vous donnaient tout son sel au silence des dunes. Là c’est chacun pour soi, sieste (pour Yahya surtout qui a mis près de trois jours à récupérer la semaine précédente), lecture, écriture, dessin, jeu de dames avec les crottes de chameau et les brins de paille enfoncés dans le sable… Vers 16 heures, après un nième thé, départ pour une courte marche dans les dunes (une heure à une heure et demie) vers le lieu de bivouac. Ensuite le bonheur intégral, coucher du soleil, cuisine locale (nous avions emmené une pauvre petite biquette qui nous a fait les trois jours), soupe de farine d’orge, pomme de terre sous la cendre, pates riz ou couscous, le plus souvent avec de la viande séchée, échange de plats avec le bivouac d’à côté, partage du dîner avec un vieil homme et son chameau qui nous avait pris pour le diable (à trois heures de Chinguetti !!!!). Enfin nuit sous les étoiles, avec une lune qui se levait de plus en plus tard… Nous avons eu le grand plaisir de constater qu’Ishac veillait sur nous jusqu’au petit matin… Marie avait proposé que nous pensions à lui en regardant Rigel, au sud ouest d’Orion. Il faut dire que qu’entre Rigel et Ragel il n’y a que le « I » d’Ishac… Yahya est un guide formidable, attentif à chaque détail, connaissant bien le désert et surtout, complètement à l’aise dans ce milieu hyper-naturel. C’est sans doute le seul de sa famille car je crois qu’aucun des frères d’Ishac ni aucun de ses enfants n’a marché plus d’une heure dans les dunes. Rappelez-vous Youssouf courant dans les vielles rues de Chinguetti qu’il n’avait jamais vues… Notre équipage comprenait un chamelier extraordinaire, d’un aide-cuisinier charmant et de trois chameaux… De bon matin, j’ai rencontré le train de trois grands rois qui allaient en voyage…. Le désert m’a semblé plutôt vert avec pas mal de touffes d’herbes à chameau, quelques acacias (toutes les heures au moins), un champignon ( !), quelques mouches, une gerboise, un fennec (surtout des traces, sauf une fois sur la route du retour), une petite caravane de touriste par jour, en moyenne, et souvent très loin dans les dunes, des scarabées (sans doute de Namibie, ceux qui, le matin, se plante la tête en bas, face au vent pour récupérer l’eau qu’il contient, grâce à sa carapace partagée en zones hydrofuges et hydrophiles (voir le Monde du 12NOV06), deux libellules oranges virevoltant dans le trou d’un puits, des fourmis, quelques oiseaux (hirondelles, bergeronnettes grises, corbeaux) deux ou trois lézards, et de temps en temps un troupeau, de chèvre ou de chameau sur la route du marché de Chinguetti. Bref rien de très insolite, sauf, peut-être, un groupe d’une douzaine de belges (plus une française de Nîmes !), embarqués avec deux thérapeutes dans « une recherche authentique d’eux-mêmes » alternant sur un parcours voisin du notre, des périodes de marche, des temps de médiation solitaire et du travail de groupe… (Pour ceux ou celles que cela pourrait tenter, voir www.psychorelief.be) ; j’oubliais, un agent immobilier de la région lyonnaise, et un espagnol de Barcelone, voyageant seuls (chacun de leur côté) avec leur guide… Les meilleurs moments : Avec une mention particulière pour les soirées autour du feu. J’ai retrouvé le conte des « Passagers du vent » :C’était il y a bien longtemps, dans la nuit des temps et des moments… Un jour, un Nègre rencontre un crâne sur le sable. Il lui demande, « Hé crâne, qu’est-ce qui t’a amené là ? ». « Un grand merci à vous tous qui avaient permis ce voyage magnifique. Merci à Steph et JF pour les lettres de remerciements envoyés en notre nom et à Geneviève et Claude pour leurs photos.
C’était absolument extraordinaire, plein de beauté et de charme. Pas du tout physique, contrairement à mes craintes, et donc à la portée de chacun d’entre nous. Lever 5 heures, prière, petit-déjeuner café et galette cuite dans le sable. 6 heures 45 départ dans les dunes fraiches pour un maximum de 3 à 4 heures de marche tranquille, sans rien sur le dos. Vers 11 heures au plus tard, quoiqu’il arrive, il faut trouver une acacia (ou mieux un puits, car il y en a au moins un tous les deux jours, et donc possibilité de se doucher !!!) et alors commence ce qui pourrait passer pour la partie la plus difficile de la journée : alternance de thés, de repos et de repas. Jusqu’à 16 heures.
Et le lendemain même chose.
la traversée d’espace portant des reste d’occupation humaine datant du néolithique (bris de poterie, reste de pierres polies et pointes de flèche en silex…
la grillade de viande de chameau fraîche (c’était le premier jour !), foie et bosse compris, préparé par Yahya sur le couvercle de notre marmite… les intestins de la biquette grillés au feu de bois et le pain cuit dans le sable
Les nuits sous les étoiles, à même le sable (en fait sur un petit matelas de mousse) et le réveil en pleine nuit avec la pleine lune, pile au-dessus des yeux
La recherche des chameaux dans les dunes après la sieste…
Plein de bisous à toutes et à tous Patrice